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novembre 17, 2017

Après les coursiers à vélo, Deliveroo ubérise cuisiniers et restaurants


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© CC jon crel

Les livreurs ultra-précaires, sous-payés et sans aucune protection sociale qui travaillent pour l’entreprise de livraison de repas Deliveroo (lire notre article) apprécieront : en 2016, le dirigeant le mieux payé de l’entreprise – qui a son siège à Londres – a reçu 125 000 livres sterling (environ 141 000 euros) en salaires et bonus, soit une augmentation de 22 % comparé à l’année précédente. C’est certes moins que nombre de chefs de grandes entreprises, mais beaucoup au regard des bénéfices réels de la start-up. Sans oublier que cette généreuse augmentation ne concerne bien évidemment pas les rémunérations des livreurs. C’est ce que révèlent les résultats 2016 de l’entreprise britannique, publiés fin septembre.

Que nous apprennent par ailleurs ces chiffres sur le business des startups de livraison de repas à domicile ? Deliveroo, aujourd’hui présent dans 140 villes, a multiplié par six son chiffres d’affaires, qui atteint 145 millions d’euros en 2016. Le bénéfice opérationnel de l’entreprise n’atteint, lui, qu’un seul petit million de livres car les coûts liés à l’augmentation de l’activité se sont parallèlement accrus. Comme la start-up a aussi investi plusieurs dizaines de millions supplémentaires pour son développement futur, elle affiche au final une perte abyssale de 143 millions d’euros ! Pourtant, quelques jours après l’annonce de ces résultats, Deliveroo a récolté 321 millions d’euros lors de sa nouvelle levée de fonds. Quelles sont les motivations des investisseurs à placer des dizaines de millions dans une entreprise qui réalise si peu de profits, dans un contexte de concurrence toujours plus sauvage entre plateformes similaires ?

Ouverture de cuisines ubérisées à Paris

« Les investisseurs parient peut-être sur les ambitions plus grandioses de Deliveroo », analyse l’observatoire britannique des multinationales Corporate Watch. Fin 2016, la plateforme annonçait un nouveau projet de développement de ses propres cuisines pour produire les plats ensuite livrés par ses coursiers. Ce concept s’appelle « RooBox » ou « Deliveroo Editions ». Plus besoin de véritables restaurants, juste des recettes et des cuisiniers, fournis par les restaurants partenaires. Au lieu de penser à ouvrir leur propre restaurant, les chefs en herbe sont encouragés à passer directement par une RooBox. La « vision » affichée par les dirigeants de Deliveroo est de « rendre les repas livrés à la demande tellement plus pratiques et tellement meilleurs qu’il n’y ait plus aucun sens à ce que les gens cuisinent à la maison ». Ils semblent décidés à porter cette logique encore plus loin en « ubérisant » directement les restaurants eux-mêmes.

Deliveroo a déjà ouvert des cuisines RooBox à Londres et dans plusieurs autres villes de Grande-Bretagne. Les cuisines sont installées dans des containers ou des bâtiment industriels vacants, souvent sans prévenir les autorités locales ni leur demander les autorisations nécessaires [1]. L’entreprise a annoncé à ses investisseurs qu’elle était en train de créer des « Deliveroo Editions » à Melbourne, Hong Kong, Singapour, Dubai… et Paris. L’entreprise a d’ailleurs récemment publié des offres d’emploi en vue de la création « de cuisines Editions à Paris et dans le reste de la France ».

Corporate Watch attire aussi l’attention sur une source possible de gains que les financiers qui placent des millions dans Deliveroo perçoivent probablement déjà. C’est « l’argent qui peut-être fait à partir de toutes les informations que Deliveroo collecte » . « Comme le plupart des compagnies, Deliveroo veut les données de ses clients, pour améliorer le service mais aussi pour les vendre. Les conditions d’utilisation de Deliveroo disent bien qu’ils transmettent ces informations à des “tiers sélectionnés précautionneusement, dont des compagnies de marketing et de publicité” ». Ce sont toutes ces informations sur les clients – leurs préférences alimentaires selon leurs profils – qui donnent de la valeur à Deliveroo aux yeux de ses actionnaires.

Notes : [1] Voir cet article du Guardian.


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