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novembre 17, 2017

Le Quai d’Orsay visé par l’enquête sur les rapports de Lafarge avec Daech


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Dans le cadre d‘une enquête judiciaire lancée en juin 2017 sur les rapports du cimentier français Lafarge avec l’organisation terroriste Daech (Etat islamique) en Syrie, sur plainte de l‘ONG Sherpa, celle-ci a fait la semaine dernière une « demande d‘actes » devant entraîner l‘audition de deux ex-ambassadeurs de France en Syrie et de l‘ex-ministre PS des Affaires étrangères de François Hollande, Laurent Fabius.

Sherpa s‘est décidé à cette démarche après que plusieurs dirigeants de Lafarge ont affirmé devant les juges que c‘était le Quai d‘Orsay qui avait insisté pour que leur entreprise reste en Syrie.

L’enquête avait été ouverte en juin 2017 sur une plainte déposée par l‘ONG en 2016 au nom de onze ex-salariés syriens de Lafarge pour « mise en danger de la vie d‘autrui ». Les trois juges, des pôles antiterroriste et financier de Paris enquêtent aussi pour « financement d‘entreprise terroriste ».

En juin 2016, le Monde s‘était fait l‘écho d‘informations déjà apparues en Syrie quatre mois auparavant et révélant des arrangements financiers passés entre 2012 et septembre 2014 entre le numéro un mondial du ciment et la milice terroriste sunnite. En avril 2017, le patron de Lafarge, Eric Olsen, avait démissionné pour « tenter » selon un journal, « de désamorcer la situation ».

Les informations apparues ces dernières semaines révèlent un système d‘accords entre Lafarge et Daech en particulier, comprenant le paiement de sommes régulières, l‘établissement de sauf-conduits, l‘achat de pétrole et la livraison de ciment devant être revendu sur le marché noir, le tout supervisé par un homme d‘affaire syrien servant d‘intermédiaire et disposant d‘un « budget bakchich ».

Si de nombreux articles publiés ces derniers jours ne doutent guère que les sommets de la diplomatie française étaient au courant, certains mentionnent plus spécifiquement le rôle des services secrets français. Lors d‘une émission de France Inter le 14 octobre, les journalistes disent que les services « semblent alors suivre les choses de très près, c‘est en tout cas ce que disent certains responsables de Lafarge, et c‘est ce que pensent aussi les enquêteurs qui regardent le CV du responsable pour la sécurité de Lafarge dans le monde Jean-Claude Veillard ».

On y cite ainsi les juges : « Le passé militaire de M. Veillard, dans les forces spéciales et les commandos, laissent présumer des contacts encore très étroits avec la DGSE ».

« Difficile d‘imaginer qu‘il n‘y eu aucun échange avec les services secrets » ajoutent les journalistes, avant d’appeler la cimenterie Lafarge en Syrie « un cheval de Troie ». Mediapart avait déjà écrit il y a six mois que Veillard, qui figurait en 5e place sur une liste du FN aux élections municipales en mars 2014 à Paris, avait une « parfaite connaissance des tractations » avec l’EI.

Les attentats qui ensanglantent l‘Europe occidentale depuis 2015 ont été le résultat direct des interventions impérialistes des Etats-Unis, de l‘Angleterre, de la France et d‘autres pays de l‘OTAN au Moyen-Orient, en Afghanistan et en Afrique du Nord.

Ils ont été dans leur vaste majorité commis par des éléments connus des forces de sécurité des pays de l‘OTAN qui ont, par le biais de leurs services de renseignement et d‘alliés comme la monarchie Saoudienne et le Qatar, financé et armé les organisations terroristes comme l‘EI et Al Qaida pour leurs guerres de changements de régime. Ces éléments passent du Moyen-Orient en Europe et vice-versa sans le moindre obstacle, dans des conditions qui reviennent à une protection tacite de la part des Etats.

Un échange de courriels datant de septembre 2014, révélé par WikiLeaks, entre la candidate démocrate à la présidentielle américaine Hillary Clinton et son directeur de campagne John Podesta jetait en septembre 2016 une lumière crue sur les rapports entre les services de renseignement occidentaux et les groupes terroristes. On y reconnaissait ouvertement que l‘EI (Daech) était financé et soutenu par le principal allié de Washington dans le monde arabe, l‘Arabie Saoudite.

En octobre 2014, le vice-président américain Joe Biden avait dit devant un auditoire à l‘université de Harvard, que le régime saoudien et les autres monarchies du golfe et la Turquie avait « versé des centaines de millions de dollars et livré des milliers de tonnes d‘armes à tout ce qui voulait lutter contre Assad. Sauf que ces gens ainsi fournis étaient le front Al Nosra et Al Qaida. » « Nous n‘avons pas réussi à convaincre nos collègues d’arrêter de les fournir, » avait ajouté Biden.

Le soutien de l‘Arabie Saoudite pour Al Qaida et l‘EI s‘est développé en étroite collaboration avec la CIA qui coordonnait les livraisons d‘armes, d‘argent et de combattants étrangers vers la Syrie à partir d‘une base dans le sud de la Turquie.

Il n’y a pas de raison de croire que les services secrets français, en contact étroit avec le renseignement américain au sein de l‘OTAN, étaient étrangers à ces efforts ou faisaient autre chose que leurs homologues américains.

Selon le site gouvernemental France Diplomatie, les relations entre la France et la monarchie saoudienne, « premier partenaire commercial dans le Golfe », « reposent sur des intérêts stratégiques communs : la préservation de la sécurité dans une région troublée, un combat commun contre le terrorisme et une convergence de vues sur les crises régionales. » Il en est de même dans la « coopération de sécurité et de défense entre la France et le Qatar ».

En France, les attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et l‘Hyper Cacher de Vincennes ont été utilisés pour faire passer des lois antiterroristes liberticides et relancer l‘intervention française de changement de régime en Syrie, après la débâcle de l‘intervention manquée de Hollande en 2013. Ceux de novembre servirent à imposer l’état d‘urgence qui vient d’être pérennisé dans une loi, créant de fait un État policier en France.

Les éléments mis à jour dans le cadre de l’actuelle enquête posent de très sérieuses questions : l’État français a-t-il joué un rôle dans le financement et le soutien de Daech ? Si oui, quel a été le rôle des services secrets français dans de telles opérations ? Des collaborations autres que financières, comme le recrutement et l’armement ont-elles eu lieu? La responsabilité politique des attentats réside chez le Parti socialiste et son gouvernement qui ont mené agressivement l’entreprise impérialiste néo-coloniale sanglante qu’est la guerre de changement de régime contre le gouvernement Assad.

Francis Dubois | 19 octobre 2017

Source: wsws.org

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