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octobre 24, 2017

SOTT FOCUS: En route vers le post-nihilisme


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© Ericallie

Certains lecteurs se souviennent peut-être de mon dernier article, « Le postimpérialisme : esquisse d’un nouvel ordre social », dans lequel je décrivais une société utopique. J’y abordais les concepts de communauté, de valeurs, la quête de la vérité et la réalité objective. Le présent article en est quasiment l’opposé, en ce qu’il décrit l’état actuel de notre société et son futur probable. Plus spécifiquement, je me concentrerai sur l’émergence et la prédominance des minorités « organisées », qu’il s’agisse des homosexuels, des athées, des migrants, des païens, des admirateurs de l’art moderne, des végétariens, des militants LGBT, et ainsi de suite.

La liste, déjà longue, ne cesse de s’allonger, comme si nous étions entrés dans une course à la compétition victimaire. La plupart de ces minorités se considèrent comme des Social Justice Warriors, ou SWJ [ littéralement, guerriers de la justice sociale – NdT]. Je m’efforcerai d’expliquer comment les SJW ont fini par imposer leur vision du monde à la majorité, et d’où vient le prosélytisme effrené dont ils font preuve.

De nombreux termes ont été utilisés pour décrire le monde dystopique dans lequel nous vivons : matérialiste, scientiste, athée, individualiste, rationaliste, consumériste. Ces descriptions sont toutes valables, bien qu’elles n’abordent qu’un seul aspect de notre société dans son ensemble.

Récemment, certains penseurs ont tenté de présenter une analyse plus approfondie de notre société, la décrivant comme nihiliste, relativiste et postmoderne. Le point commun entre ces trois mouvements est qu’ils affirment qu’il ne peut exister de réalité objective, de signification objective ou de valeurs morales objectives.

Mais lorsqu’on observe le virulent prosélytisme dont font preuve les minorités « agissantes », il semble que ces dernières croient fermement détenir la vérité, et qu’elles soient déterminées à se battre pour elle. Comment cela est-il possible, dans une société nihiliste/relativiste/postmoderne qui prétend qu’il n’y a ni vérité, ni futur, ni but ?

En parallèle à cette recherche des causes et des origines fondamentales du prosélytisme véhément affiché par les minorités « dominantes », je tenterai de décrire les dynamiques actuelles, et de montrer qu’elles dépassent de loin le simple « nihilisme ». C’est pourquoi j’utiliserai le terme « post-nihilisme » pour désigner la société qui finit par émerger après la phase de transition « nihiliste ».

De minorités opprimées à minorités opprimantes

Dans mes articles précédents, j’explique de quelle façon les fondements de notre société ont été systématiquement ébranlés : l’art et la beauté, le genre et l’identité, les nations, la famille, la religion… Dans chacun de ces domaines, le même processus est à l’œuvre.

Tout commence par des inquiétudes concernant les droits d’une minorité : homosexuels, athées, migrants, païens, admirateurs de l’art moderne… La plupart du temps, ces inquiétudes sont fondées : oui, dans le passé, les hérétiques furent persécutés, les femmes opprimées, l’art non-académique interdit, les homosexuels persécutés, les mères célibataires ostracisées.

Toutefois, les abus subis dans le passé par ces minorités sont largement médiatisés et exagérés par les journalistes et les universitaires, ainsi que dans les programmes éducatifs. L’étude suivante illustre parfaitement ce point :

L’homophobie : perception VS. réalité

L’Institut de sondage IPSOS Mori a interrogé 27 000 personnes à travers le monde. La question posée aux sondés était : quel est le pourcentage de gens qui pensent, dans votre pays, que l’homosexualité est inacceptable ?

Les résultats ont montré que les sondés surestimaient largement la perception négative de l’homosexualité. Par exemple, aux Pays-Bas, le taux d’intolérance est en fait très bas : 5%. Or, les sondés l’estimaient à 36%.

Quelle conclusion faut-il en tirer ? D’abord, que l’homophobie semble largement appartenir au passé. Ensuite, que cet écart de 31% est la conséquence directe d’une perception exagérée et illusoire de l’homophobie, perception propagée par les médias et les mouvements LGBT. Enfin, et c’est le plus important, que le sentiment de culpabilité a été implanté avec succès dans les esprits. Comme dans le conte du XVIIIe siècle « Jack et le Haricot magique », cette graine de culpabilité est en train de croître exponentiellement, mais, contrairement au conte, il est peu probable qu’elle mène à la découverte d’un trésor.

Cette exagération artificielle du phénomène d’oppression est le tremplin qui permet à la minorité d’obtenir un statut de victime et d’inciter la majorité à l’autoflagellation permanente. De façon intéressante, le sondage ci-dessus montre que ce sont précisément les pays les plus tolérants envers les LGBT qui, en majorité, présentent le plus fort décalage entre perception et réalité. Cette corrélation suggère que c’est effectivement l’oppression telle qu’elle est perçue qui permet l’instauration de mesures visant à « protéger » la minorité opprimée. Plus un pays se sent coupable, plus grande est la probabilité qu’une minorité obtienne des droits excessifs et, in fine, des privilèges injustifiés.

Une fois que le statut de victime est fermement établi dans les esprits, la société est alors mûre pour l’instauration de l’égalité des droits, qu’il s’agisse du mariage pour tous pour les homosexuels opprimés, du sécularisme pour les athées opprimés, de l’ouverture de musées d’art moderne pour les admirateurs opprimés de ce type d’« art » et de restaurants « zéro viande » pour les végétariens opprimés, etc.

Jusque-là, c’est de bonne guerre, mais voilà le hic : une fois l’égalité conquise, la minorité continue à réclamer toujours plus. L’égalité n’est manifestement pas une fin, mais plutôt une étape politiquement correcte bien pratique. La liste des revendications des minorités agissantes s’allonge, parce que les sphères influentes (médias, universitaires, système éducatif) ne cessent d’amplifier l’oppression perçue ; mais il y a également un facteur plus profond, plus malsain. La minorité « opprimée » se sent en droit d’obtenir réparation, et dans son désir que « justice » soit faite, l’opprimé finit par devenir l’oppresseur.

Le « Social Justice Warrior » regroupe deux termes pour le moins incompatibles : la « guerre » (war/warrior) et la « justice ». La guerre n’est que la justice du vainqueur (le fameux Vae Victis), et non la véritable justice. Le rôle fondamental de la justice est d’intervenir en tant que tiers entre deux parties (l’oppresseur et l’opprimé). La justice punit l’oppresseur non pour sanctionner un événement passé, mais pour préserver l’avenir.

Personne ne châtie ceux qui se sont rendus coupables d’injustice, par la seule raison qu’ils ont commis une injustice, à moins qu’on ne punisse d’une manière brutale et déraisonnable. Mais lorsqu’on fait usage de sa raison dans les peines qu’on inflige, on ne châtie pas à cause de la faute passée ; car on ne saurait empêcher que ce qui est fait ne soit fait, mais à cause de la faute à venir, afin que le coupable n’y retombe plus, et que son châtiment retienne ceux qui en seront les témoins.

Platon, Protagoras, 324 a – b

La justice sociale : l’antithèse de la justice?

Ce principe, décrit il y a plus de 2000 ans, a toujours été respecté, jusqu’à récemment. C’est sur lui que repose l’État de droit, qui est le fondement de la civilisation occidentale.

Sans justice, sans État de droit, nous revenons au temps des règlements de compte et des vendettas, lorsque le monde était dominé par une inextinguible soif de vengeance et que primait la Loi du plus fort. C’était l’époque des perpétuelles guerres punitives, de la loi du Talion.

Donc épouser l’idée que les opprimés sont en droit de devenir les oppresseurs est une attitude incroyablement régressive et dangereuse qui ramène la civilisation en arrière.

L’un des premiers modèles de cette « dynamique d’inversion victimaire » a été établi par certains dirigeants de la communauté juive (et non par la communauté juive en tant que telle). C’est devenu une opération victimaire très réussie, si réussie que l’Holocauste a acquis un caractère sacré et est devenu un véritable culte – laïc, celui-là :

La religion de « l’Holocauste » est séculière : elle appartient au monde laïque ; elle est profane ; elle dispose, dans les faits, du bras séculier, c’est-à-dire d’une autorité temporelle au pouvoir redouté. Elle a son dogme, ses commandements, ses décrets, ses prophètes et ses grands prêtres. Ainsi que l’a fait remarquer un révisionniste, elle a sa galerie de saints et de saintes dont, par exemple, sainte Anne (Frank), saint Simon (Wiesenthal) et saint Elie (Wiesel). Elle a ses lieux saints, ses rituels et ses pèlerinages. Elle a ses édifices sacrés (macabres) et ses reliques (sous la forme de savonnettes, de chaussures, de brosses à dents, …). Elle a ses martyrs, ses héros, ses miracles et ses miraculés (par millions), sa légende dorée et ses justes. Auschwitz est son Golgotha. Pour elle, Dieu s’appelle Yahweh, protecteur de son peuple élu […]

~ R. Faurisson, La religion séculière de «l’Holocauste» est un produit – frelaté – de la société de consommation

Au final, l’Holocauste sanctifié sert à justifier l’oppression exercée par Israël. Toutefois, remarquez ce petit « glissement » : si vous êtes contre le sionisme ou Israël, vous êtes taxé d’antisémitisme. De même, lorsque vous critiquez le prosélytisme des organisations LGBT, vous êtes traité d’homophobe, ou lorsque vous critiquez l’arrivée massive d’étrangers (migrations financées par Soros) au sein d’une autre culture, vous êtes taxé de racisme.

Mais les groupes opprimés dans le passé (juifs, étrangers, homosexuels) diffèrent des organisations politiques (sionistes, Black Lives Matter, organisations pro-LGBT) qui, aujourd’hui, sont en passe de devenir les oppresseurs. Afin de réconcilier cette différence fondamentale, le recours à l’amalgame abusif est nécessaire (antisionisme = antisémitisme, anti LGBT = homophobie, anti-immigration massive = racisme). Remarquez également le glissement temporel : qui, parmi nous, était vivant à l’époque des camps de concentrations, des campagnes homophobes, des atrocités du KKK ? Si nous n’étions pas nés à l’époque, comment peut-on nous rendre responsables de ces crimes ?

Pour que cette responsabilité injustifiée prenne forme, le recours à un autre amalgame grossier est nécessaire : la culpabilité par association. Dans les années 1940, certains Blancs persécutèrent des minorités et, puisque vous êtes plus ou moins lié à ces gens-là (par l’ethnicité, la nationalité, le sexe), vous êtes donc coupable. L’erreur logique d’un tel raisonnement est flagrante, mais lorsque les émotions sont fortement exacerbées (en particulier, le sentiment de honte et de culpabilité), la logique n’a plus cours.

Ce processus n’est pas nouveau. Illustrons-le par un interlude poétique :

Le loup et l’agneau

La raison du plus fort est toujours la meilleure :

Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Un Agneau se désaltérait

Illustration de Gustave Doré (fin du XIXe siècle).

Dans le courant d’une onde pure.

Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,

Et que la faim en ces lieux attirait.

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?

Dit cet animal plein de rage :

Tu seras châtié de ta témérité.

– Sire, répond l’Agneau, que votre Majesté

Ne se mette pas en colère ;

Mais plutôt qu’elle considère

Que je me vas désaltérant

Dans le courant,

Plus de vingt pas au-dessous d’Elle,

Et que par conséquent, en aucune façon,

Je ne puis troubler sa boisson.

– Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,

Et je sais que de moi tu médis l’an passé.

– Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ?

Reprit l’Agneau, je tette encor ma mère.

– Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.

– Je n’en ai point.

– C’est donc quelqu’un des tiens :

Car vous ne m’épargnez guère,

Vous, vos bergers, et vos chiens.

On me l’a dit : il faut que je me venge.

Là-dessus, au fond des forêts

Le Loup l’emporte, et puis le mange,

Sans autre forme de procès.

~ Jean de la Fontaine, Les Fables of La Fontaine (1668)

Cette fable fut écrite il y a presque quatre siècles. Certaines choses n’ont guère changé depuis. Le loup invoque la justice et demande réparation pour une ancienne oppression imaginaire, mais la justice n’est qu’une excuse pour commettre une atrocité. De façon similaire, aujourd’hui, l’égalité ou la justice ne sont pas les véritables objectifs, mais de simples prétextes.

Justice sociale, ou injustice sociale ?

Si la postmodernité ou le nihilisme n’ont vraiment rien à voir avec tout cela, pourquoi ces deux « mouvements philosophiques » sont-ils tellement prisés des milieux intellectuels ? La réponse est simple : on ne peut se débarrasser de l’ancienne société en un claquement de doigts. La culture, les traditions sont profondément enracinées dans nos esprits, parce qu’elle nous sont familières, et parce que les gens sont attachés à la famille, à la religion, à la dualité des sexes, à l’art, etc.

Imaginez si, au XIXe siècle, quelqu’un avait claironné que les homosexuels devraient avoir le droit d’adopter des enfants, que les religions devraient être abolies, que les familles représentent l’oppression, que l’art se résume à un étron dans une boîte de conserve (hors de prix, en plus)… cette personne aurait été envoyée à l’hôpital psychiatrique illico presto.

Les experts en ingénierie sociale ont donc dû procéder par étapes. La première consistait à implanter dans les esprits les germes du relativisme : religion égale athéisme, héréroxualité égale homosexualité, femme égale homme, parents biologiques égale individu qui s’achète un enfant, etc.

Une fois conquise l’égalité pour les minorités agissantes, les privilèges ont émergé : surreprésentation des minorités dans les postes à responsabilités (médias, politique), couverture médiatique encensant les minorités, droits des minorités, prosélytisme déclaré, ségrégation « positive », discrimination « positive », discrimination inversée, ainsi qu’un dénigrement perpétuel et un affaiblissement des valeurs « traditionnelles ».

À ce rythme, il sera bientôt illégal de posséder une œuvre d’art digne de ce nom, les gens seront internés pour hétérosexualité, considérer que la Terre est ronde relèvera de l’hérésie, vous serez mis en prison pour racisme parce que vous soutenez votre pays, la viande sera une denrée rare et fortement taxée, le tabac sera interdit [le paquet à 10€ en France, c’est pour bientôt], et bien sûr, la pédophilie sera la nouvelle tendance, tout comme l’homosexualité est aujourd’hui tendance.

Alors, comment expliquer cette émergence soudaine et massive des SJW et de ces minorités actives, avec leur prosélytisme, leur sentiment que tout leur est dû, leur agressivité, voire leur rage ? Quels changements dans notre monde et dans nos esprits peuvent bien expliquer ce basculement soudain et inattendu ?

La génération hypernarcissique

La révolution des sixties (mai 1968 en France) marqua l’avènement d’une société du tout permis. Soudain, il était devenu interdit d’interdire. C’était, croyait-on naïvement, la voie de la liberté.

Mais la liberté, ce n’est pas faire tout ce qu’on veut, bien au contraire. Sans règles, sans limites, il semble que, la plupart du temps, la population régresse au stade infantile qui sommeille en chaque adulte, juste sous la surface. À ce stade, l’homme est l’esclave de ses pulsions les plus viles, tandis qu’au niveau collectif, la société retombe dans la barbarie, où le plus faible devient l’esclave du plus fort.

Les millenials, ou enfants du Millénaire, sont la première génération à avoir été élevée par des parents nés après la « révolution sexuelle ». Embrassant la culture « hippie », ces parents cédaient au moindre caprice de leurs enfants. La raison ? La prévalence d’un environnement permissif, mais également des motivations d’ordre narcissique : les parents ne voulaient pas être perçus de façon négative par leurs enfants, leur image narcissique d’eux-mêmes comptait plus que la santé mentale de leur progéniture.

Prévalence des familles monoparentales

Lorsque l’enfant diabétique réclamait un bonbon, les parents cédaient pour que l’enfant les aime, ce qui, à leurs yeux, était plus important que l’impact négatif que les sucreries pouvaient avoir sur sa santé. Il était loin le temps où l’on disait : « Si tes enfants ne te disent pas au moins une fois par jour qu’ils te détestent, c’est que tu ne joues pas ton rôle de parent. »

Un facteur financier explique également la dérive narcissique que l’on observe chez les rejetons de la génération hippie (les millenials). La plupart des adeptes de la culture « hippie » étaient pour le moins aisés, et n’avaient pas besoin de passer 8h par jour à l’usine pour payer les factures. Cette relative aisance financière leur permettait de céder à tous les caprices de leurs enfants, y compris leurs exigences matérielles.

Dans les familles traditionnelles, la mère materne et le père fixe les limites. Mais aujourd’hui, nous vivons dans une société sans pères. Aux États-Unis et en France, depuis les années 1990, une majorité d’enfants sont élevés par un seul parent. Dans plus de 80% des cas, ce parent est la mère. Vous avez bien lu : être élevé par ses deux parents – son père et sa mère – est aujourd’hui devenu une exception.

Histoire d’illustrer l’influence de l’éducation sur le développement de tendances autoritaristes, voici un extrait de l’article “Who goes Nazi”, écrit en 1941 par l’une des journalistes les plus encensées de son époque :

Je crois que le jeune D, là-bas, est le seul nazi congénital dans cette pièce. Le jeune D est le fils unique gâté d’une mère gaga. Il n’a jamais été contrarié dans sa vie. Il passe son temps à tester les limites pour voir jusqu’où il peut aller sans être inquiété. Il se fait régulièrement arrêter pour excès de vitesse, et c’est sa mère qui paie les amendes. Il s’est montré impitoyable envers deux ex-épouses, et c’est sa mère qui paie les pensions alimentaires. Sa vie n’est qu’une quête de sensations fortes, un vrai théâtre. Il n’a de considération pour personne. Il est très séduisant, mais de cette beauté vide, arrogante et excessivement vaniteuse. Il se verrait bien en uniforme, pour pouvoir se pavaner et regarder les autres de haut.

– Dorothy Thomson

Même pour les enfants élevés par leurs deux parents, de nos jours, le père joue rarement le rôle de la figure d’autorité traditionnelle. Dans nombre de foyers en Occident, la source de la légitimité paternelle – la capacité à nourrir sa famille grâce à son travail – a été détruite par des taux de chômage de plus en plus élevés.

Je n’ai pas besoin de toi, j’ai Internet

Jadis, quand les parents ne réussissaient pas à fixer des limites à leurs enfants, les interactions sociales avec les pairs, les membres de la communauté et les voisins pouvaient, du moins partiellement, compenser le laxisme des parents. Mais pour les millenials, Internet a largement remplacé les véritables interactions sociales et la responsabilité, la constance et l’honnêteté qui vont avec.

À l’ère de l’Internet, chacun peut se montrer narcissique à l’envi, et si un autre internaute vous met face à vos erreurs, vous n’avez qu’à changer de chatroom ou de forum, et vous inscrire sur un forum dont les membres partagent les mêmes croyances (souvent erronées) que vous.

Sans surprise, aujourd’hui, la plupart des « temples » de la justice sociale sont les universités, où les classes sociales les plus pauvres sont peu représentées. Cette génération – qu’on pourrait qualifier de « génération perdue » – atteindra bientôt l’âge adulte, et, en parallèle, un pouvoir social et politique de plus en plus grand. Ce sont ces gens-là qui façonneront notre société future ; ce sont les leaders de demain.

Cette génération rejette l’altérité. La véritable diversité est son ennemie, en raison de deux facteurs :

  • les autres, de par leurs différences, offrent des idées et des points de vue variés susceptibles d’ébranler les fragiles fondations de l’exosquelette du SJW (voir les paragraphes suivants) façonné par des autorités extérieures et, par conséquent, conditionné par des facteurs externes. Dans cette perspective, les autres constituent des menaces existentielles qui mettent en péril l’identité même du SJW.
  • Les autres, de par leur altérité, sont susceptibles de nourrir des opinions différentes et, par conséquent, de dire « non » (de ne pas « céder ») au SJW, ce qui provoque – littéralement – une souffrance chez ces individus narcissiques dont l’environnement permissif leur a appris à assimiler la validation de leurs caprices au plaisir et le refus de céder à ces derniers à de la souffrance.

Maintenant, comment réconcilier le rejet de l’altérité avec les nombreuses déclarations des SJW concernant la diversité et le multiculturalisme dont ils se réclament ? Eh bien, ignorons les discours enjôleurs et regardons les faits. La « diversité » réclamée par les SJW est une diversité de façade centrée sur les apparences, l’orientation sexuelle, les pronoms… Or en parallèle, les SJW réclament la suppression des différences biologiques (sexe, race, handicap) et culturelles (valeurs morales, religions, etc.).

Italie : des Femen se fourrent des crucifix dans le derrière.

Autre paradoxe : bien que les SJW réclament la diversité, la tolérance et l’égalité, ils se montrent largement intolérants. Chacun est libre de choisir le « genre » qui lui convient et d’avoir autant de percings qu’il veut, mais gare à qui ose penser différemment, et surtout, s’opposer à l’idéologie SJW.

Dans le monde des SJW, l’unique liberté dont on dispose est celle d’acquiescer à leur vision du monde tout en se dépouillant de sa propre identité biologique et culturelle.

L’idéologie SJW ne cherche pas l’égalité des droits (où tous les individus sont différents mais possèdent les mêmes droits). Elle recherche l’uniformité, parce que ses partisans voient dans les différences la cause de l’oppression. Par conséquent, pour mettre fin à l’oppression et restaurer l’égalité/la justice, les différences doivent être abolies.

Si, en tant qu’individu « normal », vous voulez être reconnu comme citoyen à part entière du « meilleur des mondes » promu par les SJW, vous devrez d’abord procéder à certaines « améliorations » majeures : changer de sexe, vous couper une jambe, vous teindre les cheveux en violet, vous couvrir le corps de tatouages, et vous fourrer un crucifix dans le derrière.

Le culte de l’ego, implosion narcissique

Parce que les émotions ont supplanté la raison et que l’intérêt personnel l’a emporté sur l’interêt collectif, les minorités d’aujourd’hui vivent dans un déni permanent de réalité (l’existence de la vérité, de la réalité objective, de la dualité masculin/féminin), qu’ils ont remplacée par leur vision subjective de cette dernière.

En ce sens, non seulement ils ont « tué Dieu », mais ils sont aujourd’hui assis sur son trône, chaque individu détenant et imposant sa propre « vérité », sa propre « réalité ». Cela me rappelle ce dialogue percutant :

« Comment peut-on perdre son âme ? »

– En péchant contre son âme.

– En vivant pour les plaisirs de la chair ?

– Oh non, dans la plupart des cas, il s’agit là d’un péché contre son propre corps. Vous pourrez en subir les conséquence dans cette vie-ci ou lors d’une incarnation future.

– En maltraitant les autres, alors ?

– Non, en règle générale, même cela n’est pas un péché contre son âme. Vous serez puni pour avoir maltraité autrui, dans cette vie-ci ou dans une incarnation future, bien qu’une cruauté gratuite envers des créatures sans défense, une ingratitude méprisable ou une tendance innée à espionner les autres révèlent un certain défaut d’âme, possiblement dû à des péchés commis contre cette dernière lors d’incarnations précédentes.

– Bien, mais alors, qu’est-ce qu’un péché commis contre son âme ?

– Se servir de choses de nature spirituelle à des fins égoïstes. Traîner Dieu jusqu’à terre. Tenter de se mettre au même niveau que le Créateur. »

– Theodore Ilion, Darkness over Tibet

Le narcissime débridé qui nous entoure aujourd’hui a conduit à une focalisation sur le soi aux dépens des autres et des communautés au sein desquelles nous vivons.

Avant l’« ère moderne », les individus vivaient au sein de systèmes hautement intégrés. Ils faisaient partie de la nature (animisme), de l’humanité (traiter les autres comme des frères), de la création (fils de Dieu), d’un système juridique (citoyen), d’un système transcendant (Dieu, le paradis, la Terre, l’enfer) et d’un système moral (bien, mal). Les individus avaient un profond respect pour le passé (culte des ancêtres) et se préoccupaient énormément de l’avenir (travailler dur pour offrir un meilleur avenir à ses enfants).

Tous ces liens essentiels qui conféraient à l’individu son identité et lui donnaient un sens aux niveaux social, naturel et théologique ont été rompus. Le soi a été isolé, dissocié de son environnement.

La nature est niée. Pour le théoricien du genre, un être humain naît libre de toute prédermination naturelle, y compris celle du sexe. L’humanité est diabolisée (l’Autre est source d’oppression), les règles et les normes sont rejetées parce qu’elles sont oppressives, la moralité est niée parce qu’il n’existe pas de bien commun, puisque chaque événement est uniquement analysé d’un point de vue égoïste et subjectif.

Cette implosion narcissique a même mené à une dissociation entre le soi et le corps. Vous vous rappelez le slogan de 1968 : « Mon corps m’appartient » – autrement dit : je fais ce que je veux de mon corps ?

Version moderne du vieux slogan « Mon corps m’appartient ».

Dans le passé, l’Église postulait l’existence d’une dualité âme/corps, les deux étant censés vivre en harmonie. Aujourd’hui, cette dualité a été remplacée par la dualité soi/corps (idée que l’on doit à Locke et Descartes), où le corps n’est pas le véhicule de l’incarnation, mais un objet dont on peut user et abuser librement (voir par exemple la folie des piercings, de la scarification, des tatouages ainsi que l’importance grandissante du transhumanisme).

Jadis, la dualité homme/femme était parfaitement illustrée par la sexualité, qui permettait à l’homme et la femme de se retrouver, d’éprouver du plaisir et de procréer. Plus tard, l’introduction et la généralisation de la contraception permit de dissocier le plaisir sexuel de la procréation.

Jadis, la masturbation était un piètre substitut aux véritables relations sexuelles. Aujourd’hui, le culte du moi et l’implosion narcissique ont mené à une situation où un nombre de plus en plus grand d’individus déclarent préférer se masturber sur du porno qu’avoir de véritables relations sexuelles. Cela a donné naissance à une nouvelle « orientation sexuelle » (une de plus) : la pornosexualité. Les ventes records de sex toys sont un indice supplémentaire de la relégation de la sexualité au rang de « passe-temps » solitaire.

Un « parent » unique peut s’acheter des enfants grâce à la fécondation in vitro, concrétisant ainsi l’ultime fantasme narcissique : l’auto-engendrement. Bientôt, pour un coût supplémentaire, un « parent » sera capable de trafiquer les gènes de l’enfant et de le customiser comme une voiture. Ce procédé, appelé thérapie génique germinale – le fameux concept du « bébé sur mesure » ou du « bébé-médicament » – est déjà utilisé pour dépister génétiquement les « maladies » chez des fœtus humains.

Concomitamment à cette refocalisation – de l’individu en tant que partie intégrante du Cosmos au Soi individuel isolé – nous assistons à une refocalisation temporelle – du continuum passé-présent-futur à l’instant présent. Aujourd’hui, nos anciens sont abandonnés dans des maisons de retraite tandis que les gens vivent à crédit, « troquant demain pour aujourd’hui » afin de satisfaire les désirs éphémères de l’instant présent.

Même les plus jeunes ont recours à la chirurgie esthétique pour se conformer aux « idéaux » de perfection esthétique, compromettant ainsi leur future apparence (en 2014, 64 000 personnes ayant eu recours à la chirurgie esthétique avaient entre 13 et 19 ans). Nous sommes entrés dans l’ère effrayante du speed dating, de l’obsolescence programmée, des fast food, des livraisons par drones, de la messagerie instantanée, de l’info en temps réel, du « apprenez une langue en un jour », du « perdez 10 kilos en une semaine », etc.

Sans passé ni avenir, il n’y a plus d’espoir, plus de perspective historique, plus de possibilité d’apprendre de ses erreurs passées, plus de planification à long terme. Plus de regrets, de remords ou de responsabilité, plus de reconnaissance des schémas historiques. L’individu tombe dans le vide insensé de l’instant (omni)présent.

Toutefois, tous les millenials ne souffrent pas de cette implosion narcissique ; tous les millenials ne sont pas de fervents SJW ; par conséquent, le facteur générationnel ne saurait être l’unique cause de cette ascension des SJW.

Y a-t-il une différence fondamentale entre ceux qui acceptent et imposent violemment la vision des autorités, et ceux qui la rejettent ?

Autoritarisme

L’extrait suivant jette un éclairage intéressant sur cette question :

Que le lecteur veuille bien imaginer une très grande salle dans un vieil édifice universitaire de style gothique. Nous étions nombreux à nous y rassembler pendant nos premières années d’études supérieures, pour y écouter les conférences données par des philosophes et des scientifiques d’exception. Nous y fûmes à nouveau convoqués – sous la contrainte – l’année du diplôme, pour écouter les séances d’endoctrinement qui venaient d’être mises en place. Un homme que personne ne connaissait apparut derrière le pupitre et nous informa que dorénavant, il serait notre professeur. Son discours était aisé, mais n’était aucunement scientifique ; il ne faisait aucune distinction entre concepts scientifiques et concepts de la vie ordinaire, et voyait les fruits d’une imagination « borderline » comme un signe de sagesse qui ne pouvait être mis en doute. Chaque semaine, pendant 90 minutes, il nous gavait de pseudo-logique naïve et présomptueuse, et d’une vision pathologique de la réalité humaine. Il nous traitait avec mépris et une haine à peine dissimulée. Comme les moqueries et taquineries auraient entraîné des conséquences terribles, il nous fallait écouter attentivement et avec la plus grande gravité.

La rumeur permit bientôt de savoir d’où venait cet homme. Il venait d’un faubourg de Cracovie et était allé au lycée, mais personne ne savait s’il avait obtenu son baccalauréat. Toujours est-il que c’était la première fois qu’il franchissait le seuil d’une université, et en tant que professeur, rien que ça ! « Il est impossible de convaincre quiconque de cette façon ! », murmurions-nous entre nous. « C’est vraiment de la propagande dirigée contre eux-mêmes. »

Mais après une telle torture mentale, il fallait beaucoup de temps avant que quelqu’un n’ose briser le silence. Nous nous étudiions nous-mêmes, sentant que quelque chose d’étrange s’était emparé de nos esprits et que quelque chose de précieux s’en échappait irrémédiablement. Le monde de la réalité psychologique et des valeurs morales semblait suspendu comme dans un brouillard glacé. Nos sentiments humains et la solidarité estudiantine perdirent leur signification, tout comme notre patriotisme et nos critères de toujours.

Alors nous nous interrogeâmes mutuellement : « Est-ce que toi aussi, tu ressens cela ? » Chacun ressentait à sa manière ces inquiétudes quant à sa propre personnalité et son propre avenir. Certains d’entre nous répondaient à ces questions par le silence. La profondeur de ces expériences s’avéra différente pour chacun. Nous nous demandions comment nous protéger des effets de cet « endoctrinement ».

C’est Teresa D. qui fit la première suggestion : « Allons passer un week-end à la montagne ». Cela fit merveille. L’agréable compagnie, quelques plaisanteries, puis la fatigue suivie d’une nuit de profond sommeil dans un refuge, tout cela nous rendit nos personnalités, bien qu’il restât un arrière-goût. Le temps également suscita une certaine immunité psychologique, mais pour certains seulement.

L’analyse des traits psychopathologiques de la personnalité du « professeur » s’avéra également une excellente façon de protéger notre propre hygiène psychologique. Imaginez notre inquiétude, notre déception et notre surprise quand certains de nos camarades et bonnes connaissances modifièrent soudainement leur vision du monde ; pis, leurs schémas de pensées nous rappelaient le verbiage du « professeur ». Leurs sentiments, qui jusqu’à récemment avaient été amicaux, se refroidirent sensiblement, sans devenir hostiles (du moins au début). Nos arguments bienveillants, de même que nos critiques estudiantines, leur passaient carrément au-dessus. Ils donnaient l’impression de posséder quelque connaissance secrète ; à leurs yeux, nous n’étions que d’anciens camarades qui croyaient encore à ce que les « professeurs de jadis » leur avaient enseigné. Nous devions faire attention à ce que nous leur disions. Ces anciens camarades rejoignirent bientôt le Parti. Qui étaient-ils, de quels groupes sociaux venaient-ils, quel genre d’étudiants, quel genre de personnes étaient-ils ? Pourquoi et comment avaient-ils autant changé en moins d’une année ? Pourquoi ni moi, ni la majorité de mes camarades étudiants n’avions succombé à ce phénomène et à ce processus ?

~ A. Lobaczewski, Ponérologie politique

Le processus décrit ci-dessus est très similaire à ce que Bob Altemeyer, professeur de Psychologie à l’Université de Manitoba (aujourd’hui retraité), a étudié pendant des décennies. Invariablement, il est arrivé aux mêmes surprenantes conclusions.

Par le biais de questionnaires et de barèmes, il a découvert qu’un sous-groupe de sujets affichait régulièrement un degré élevé d’adhésion aux traditions et normes sociales perçues comme acceptables par la société et ses autorités établies. Ces individus croyaient également que l’adhésion à ces normes par leurs propres congénères était une obligation.

Plus spécifiquement, ce sous-groupe de sujets obtenaient des résultats invariablement supérieurs dans les trois critères suivants :

  1. Soumission autoritariste – un degré élevé de soumission aux autorités perçues comme établies et légitimes au sein de la société à laquelle on appartient.
  2. Conformisme – un degré élevé d’adhésion aux traditions et normes sociales perçues comme acceptables par la société et ses autorités établies, et la croyance selon laquelle l’adhésion à ces normes par leurs propres congénères était une obligation..
  3. Agressivité autoritariste – tendance générale à l’agressivité dirigée contre ceux qui s’écartent de la norme, les groupes marginaux, et ceux perçus comme des cibles par les autorités établies.

L’échelle de l’autoritarisme

Altemeyer a inventé le terme « suiveurs autoritaristes » pour désigner les individus affichant des scores élevés aux trois critères ci-dessus.

Remarquez le troisième critère : l’agressivité autoritariste. Non seulement les suiveurs suivent les autorités, mais ce sont également de parfaits « hommes de main » de l’ordre établi. Ils sont enclins à se soumettre aux autorités, mais montrent également de l’agressivité envers ceux qui s’opposent à leur vision du monde.

Les suiveurs autoritaristes ne sont intrinsèquement ni bons ni mauvais. Ils se conforment simplement à l’ordre établi et le font respecter. Si l’ordre établi est bon, ils constituent une force au service du bien ; si l’ordre établi est mauvais, ils constituent une force au service du « mal ».

Altemeyer a découvert l’existence des personnalités autoritaires il y a des décennies ; au début, il les a qualifiées de « Right Wing Authoritarians » (RWA) – autoritaristes de droite – , probablement parce qu’à l’époque, l’autorité dominante était située à droite sur l’échiquier politique et, par conséquent, c’était l’idéologie qui séduisait les autoritaristes. Mais par la suite, Altemeyer a découvert qu’il existait également des Left Wing Authoritarians (LWA) – des Autoritaristes de gauche.

L’important n’est pas la signification de l’idéologie, mais sa prédominance. Hier, c’était le conservatisme de droite ; aujourd’hui, c’est le libéralisme de gauche.

Pour les autoritaristes, l’important n’est pas tant la substance d’une idéologie (les idées et valeurs qu’elle défend) mais sa prédominance et sa légitimité ; c’est pourquoi ils peuvent soutenir sans aucun problème la minorité opprimante d’aujourd’hui, tout comme ils soutinrent la minorité opprimante hier. Vous découvrirez peut-être que, dans les années 1980, un individu autoritariste harcelait les homosexuels (lorsque l’homophobie était plus répandue) alors qu’aujourd’hui, il s’en prend aux hétérosexuels, parce que c’est ce que préconise la nouvelle doctrine dominante.

Ce n’est pas que les autoritaristes ont changé d’opinion ; simplement, ils ont toujours soutenu les autorités dominantes quelles qu’elles soient. La seule chose qui a changé, c’est que dans le passé, l’idéologie dominante était le conservatisme, alors qu’aujourd’hui, c’est le « libéralisme ».

Cela explique probablement pourquoi, dans les années 1990, Altemeyer a commencé à remarquer une diminution du pourcentage de RWA au sein de son panel de sujets. Altemeyer explique cette tendance inattendue par le fait que, comme il commençait à être connu sur les campus, les étudiants s’efforçaient de masquer leur autoritarisme lorsqu’ils remplissaient ses questionnaires. Une autre explication est que dans les années 1990, l’idéologie dominante a commencé à basculer vers la gauche libérale, entraînant une diminution progressive de la proportion de RWA, en parallèle à une augmentation de la proportion de LWA.

Exosquelette et endosquelette

Altemeyer a consacré une grande partie de son temps et de son énergie à comprendre les mécanismes qui font d’un individu un autoritariste. Bien qu’il ait découvert plusieurs facteurs – comme l’éducation, la génétique, le niveau d’instruction et le fait d’avoir ou non des enfants – il n’a jamais réussi à déterminer la cause principale.

Dans la tentative de comprendre la cause de cette différence fondamentale, Andrew Bard Schmookler a développé l’idée de l’endosquelette moral et de l’exosquelette moral.

Ce fut l’une de mes étudiantes (lors d’un cours pour adultes dédié à la « Crise morale américaine ») qui trouva l’image adéquate. Peu lui importait, dit-elle, que la société dans laquelle elle vivait comportât de nombreuses règles imposées. Ses croyances morales étaient fermement ancrées en elle, comme une sorte d’endosquelette, déclara-t-elle.

La raison pour laquelle des personnes de tendance autoritariste – marquées par d’intenses préoccupations morales associées à une dépendance aux structures morales externes pour contenir leurs propres pulsions interdites – choisiraient de soutenir un État qui impose des règles morales et une culture sociale qui stigmatisent ceux qui violent ces règles, devient claire. Pour ces personnes, lorsque la société à laquelle elles appartiennent n’est pas claire dans ses lois ni stricte dans leur application, leur propre ordre moral interne se voit alors véritablement menacé. Pour ceux dont la structure morale est intégrée à cette forme exosquelettique, l’absence d’autorité morale extérieure entraîne obligatoirement l’explosion de l’anarchie morale.

Le passage ci-dessus est particulièrement intéressant lorsqu’on le relie à l’origine même du prosélytisme de la minorité actuelle, en particulier celui du mouvement LGBT. La théorie du genre découle directement du féminisme égalitariste. L’idée de base étant que, s’il n’y a plus de sexe (dualité homme/femme), l’inégalité des sexes disparaît automatiquement.

Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir

Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir font partie des pionniers de cette idéologie. Sartre, le père de l’existentialisme, développa la théorie de « l’être-pour-autrui » fondée sur un principe fondamental : l’identité d’un individu est uniquement basée sur la façon dont les autres le perçoivent.

Ce n’est pas tout. Sartre ajoute une connotation négative à cette idée lorsqu’il affirme que « C’est le regard d’autrui qui fait du Juif un Juif » et que « Si le Juif n’existait pas, l’antisémite l’inventerait. »

Les idées féministes de Beauvoir ne sortent pas de nulle part ; elle n’a fait qu’appliquer la théorie de Sartre aux femmes. Dans Le deuxième sexe, elle écrit : « On ne naît pas femme : on le devient », et explique que la féminité ne constitue en aucun cas une nature ou une essence, mais plutôt une condition imposée par l’histoire et la société, la femme étant perpétuellement assujettie au regard masculin.

Comme tous les mensonges convaincants, Sartre commence par une affirmation qui contient un fond de vérité : les autres ont effectivement une influence sur la façon dont nous nous percevons. Mais il serait mensonger de prétendre que c’est le seul facteur. Décelez-vous la similitude frappante entre la théorie de Sartre et la personnalité autoritariste/exosquelettique, dont le paysage intérieur est défini par des facteurs externes ? Pas étonnant que ces idées aient trouvé un écho chez certaines personnes, en particulier chez les suiveurs autoritaristes.

Sartre ment également lorsqu’il prétend que les influences extérieures ne peuvent être que négatives. Combien de fois un facteur externe – un bon père, une bonne mère, un ami, un professeur, etc. – nous a-t-il influencé de façon positive ? Pour Sartre et Beauvoir, cela n’arrive jamais. À travers une généralisation grossière de leurs propres projections négatives, ils estiment que toutes les influences extérieures sont par nature oppressives.

Ces deux « grands penseurs » du XXe siècle encourageaient les gens à croire que, au nom de la liberté (celle d’être qui vous voulez : un homme, une femme, un écureuil), vous êtes parfaitement en droit de nier toute vérité immanente (la dualité homme/femme, par exemple) et de rejeter l’Autre, qui est source d’oppression et qui vous impose une identité qui n’est pas la vôtre. Si nous appliquons ces deux principes à la lettre, nous finirons dans une véritable bulle narcissique faite de peur, de haine et de mensonges éhontés.

Décelez-vous le paradoxe fondamental au cœur de l’existentialisme ? Vous êtes censé rejeter toute autorité extérieure parce qu’elle est source d’oppression ; or Sartre et Beauvoir sont des sources extérieures d’autorité ; alors, devons-nous également les rejeter ?

À ce stade, nous avons établi certaines corrélations entre les suiveurs autoritaristes et l’exosquelette moral d’une part, et les suiveurs non autoritaristes et l’endosquelette moral d’autre part. S’ensuit la question : d’où viennent les endosquelettes et les exosquelettes moraux ?

« Jeunes » âmes et « vieilles » âmes ?

Il est clair que d’innombrables facteurs influencent notre conscience morale (nutrition, génétique, pollution, éducation, milieu culturel, expériences de l’enfance, traumatismes, etc.). Dans cette rubrique, je traiterai des questions suivantes : se pourrait-il que notre conscience morale soit une émanation de l’âme, de la conscience ?

Samsara : le cycle karmique bouddhiste et ses 6 plans d’existence

Puisque certaines personnes sont autoritaristes tandis que d’autres ne le sont pas, cela veut-il dire que certaines personnes ont une qualité d’« âme » différente ? D’après plusieurs traditions orientales, les âmes suivent un processus d’incarnations et d’évolution, par exemple on s’incarne en animal plusieurs fois avant de s’incarner en humain. Cela resemble un peu à la théorie de l’évolution des espèces de Darwin, mais appliquée aux âmes.

Dans le cadre de notre hypothèse des « jeunes » âmes et des « vieilles » âmes, on pourrait dire que certaines âmes font pour la première fois l’expérience de l’incarnation en tant qu’humain, tandis que d’autres sont passées par un certain nombre d’incarnations humaines.

Bien sûr, ce n’est là que spéculation : personne ne peut confirmer ni infirmer l’existence de l’âme. Néanmoins, cette hypothèse jette un éclairage intéressant sur certains phénomènes qui me rendent perplexe depuis des années.

Intéressons-nous à quatre minorités modernes : les partisans de la théorie de la Terre plate, les végétariens/vegans, les partisans de la « gender fluidity » (pro-LGBT), et les athées.

Comment un individu fraîchement incarné dans la peau d’un humain pourrait-il percevoir le monde qui l’entoure ? Tout droit sorti du royaume animal, aurait-il tendance à voir le monde en 2 dimensions (Terre plate), tandis qu’une personne davantage accoutumée au monde des humains verrait naturellement le monde en 3 dimensions (Terre ronde) ?

Un humain « novice » (végétarien) serait-il réticent à manger des créatures qui, il y a encore peu, lorsque lui-même appartenait au royaume animal, étaient ses « frères », tandis qu’un individu riche de plusieurs incarnations en tant qu’humain ne verrait aucun problème à manger de la chair animale ?

Se pourrait-il qu’individu fraîchement incarné dans la peau d’un humain considère le genre/sexe comme un concept arbitraire fluide, tandis qu’une « vieille âme » – ayant passé de nombreuses vies successives dans la peau d’un homme (ou d’une femme) – aurait développé une très forte orientation sexuelle ?

Est-il possible que les jeunes âmes rejettent l’idée de dieu et d’une vie après la mort parce que, n’étant pas accoutumées au processus de réincarnation, elles croient qu’il n’y a pas de vie après la mort, tandis que les vieilles âmes – ayant constaté à de nombreuses reprises que le corps n’est qu’un véhicule temporaire – « savent » de façon innée qu’elles survivront à la mort inévitable du corps ?

Ces spéculations jettent un éclairage très différent sur tous ces débats animés auxquels vous avez probablement déjà assisté (ou participé !). Pensez aux partisans de la théorie de la Terre plate qui sont totalement convaincus que la Terre est plate, aux végétariens qui croient religieusement que manger de la viande est meurtrier (cannibalisme ?), aux individus qui changent d’orientation sexuelle aussi facilement qu’on change de chemise, et aux athées qui sont fermement convaincus qu’il n’y a pas de vie après la mort.

Peut-être les croyances de ces individus sont-elle parfaitement avérées et valables… mais uniquement pour eux ? Peut-être perçoivent-ils véritablement la réalité de cette manière ? Peut-être cela reflète-t-il véritablement leur propre condition : celle de « jeunes âmes » ?

Mais les hommes ne naissent-ils tous pas égaux ? Si, dans un sens, mais peut-être pas en ce qui concerne certains aspects fondamentaux.

Hystérisation aux mains des psychopathes au pouvoir

À ce stade, nous comprenons mieux comment les facteurs culturels (les enfants gâtés que sont les millenials) et les facteurs naturels (l’endosquelette moral) ont mené à une situation où une génération entière est prête à se faire manipuler de sorte à diriger sa rage narcissique contre les mauvaises cibles.

Les psychopathes au pouvoir haïssent ce qui fait de nous des humains ; ils haïssent l’amour véritable, le sentiment d’appartenance, la beauté, la spiritualité, la transcendance… parce qu’ils sont incapables d’accéder à ces sphères supérieures. Peut-être ne « haïssent »-ils pas vraiment ces choses-là ; disons plutôt qu’elles les laissent complètement indifférents, ce qui de toute façon aboutit au même résultat.

Les psychopathes en position de pouvoir tentent de nous imposer une vision anti-morale du monde, une vision où la haine, la violence, le meurtre et les mensonges sont les nouvelles valeurs « positives ». Pour ce faire, ils s’appuient lourdement sur des médias contrôlés qui promeuvent cette vision sombre, et sur des scientifiques et des experts qui viennent étayer ce paradigme à coup d’études bidons.

Mais l’influence des médias et des « experts » ne suffit pas à faire accepter aux gens l’inacceptable, l’immoral. Alors l’élite psychopathique compte aussi sur le segment narcissique et/ou autoritatiste de la population pour soutenir et imposer leur vision.

Selon Altemeyer, les trois principales caractéristiques psychologiques des autoritaristes sont la peur, le pharisaïsme et une logique défaillante. Cela tombe bien, la campagne de manipulation menée par les élites par l’intermédiaire des SJW est précisément fondée sur ces principes mêmes :

  • la peur des oppresseurs qui menacent notre vie
  • le pharisaïsme, par lequel on fait croire aux SJW qu’ils luttent pour la justice.
  • la logique défaillante, causée par l’énorme gouffre qui sépare la réalité de la façon dont les SJW sont incités à la percevoir.

Ce processus de ponérisation ne s’est pas développé de façon linéraire, mais est passé par plusieurs plateaux entrecoupés de phases plus brutales. Au cours des années 1990, les concepts postmodernes/nihilistes, déjà répandus dans les cercles universitaires depuis des années, furent largement disséminés dans toutes les branches de la société. Les millenials représentent la première génération soumise depuis la naissance à cette vision psychopathique du monde.

Outre les milieux universitaires, les psychopathes ont infiltré d’autres secteurs-clés de notre société (médias, justice, politique) et les ont progressivement imprégnés de leur vision tordue du monde.

Voilà ce à quoi nous assistons aujourd’hui : les psychopathes au pouvoir hystérisent des hordes d’individus narcissiques, les poussant à une frénésie destructrice au nom de la justice sociale. La génération des millenials n’a plus qu’à attendre que les autorités désignent le prochain bouc émissaire à la mode sur lequel elle pourra déverser sa rage narcissique.

Remarquez que cette atmosphère hystérisante n’influence pas seulement les SJW mais également leurs adversaires. Ces derniers finissent par jeter le bébé avec l’eau du bain, de sorte qu’aujourd’hui, nous voyons des antisionistes qui nient la réalité de l’Holocauste, des anti-LGBT qui nient la réalité du problème de l’homophobie dans le passé, des anti-féministes qui prétendent que les femmes n’ont jamais été opprimées, etc.

Lorsque les deux camps sont fortement hystérisés et nourrissent des opinions aussi extrêmistes, subjectives et antagonistes, la planète est mûre pour l’éruption de conflits majeurs.

Le présentateur de la BBC Jimmy Savile aurait été impliqué dans 450 cas de pédophilie.

Avec l’assistance des autoritaristes hystérisés, les psychopathes au pouvoir tentent de nous faire normaliser la déviance et de nous faire accepter l’inacceptable. La pédophilie fait évidemment partie de leurs objectifs. Et depuis longtemps. Réfléchissez-y : les différences tangibles entre un homme et une femme sont plus grandes que les différences tangibles entre un jeune de 14 ans et un jeune de 18 ans.

S’ils arrivent à laver le cerveau des masses au point de leur faire croire que la dualité homme/femme n’est qu’une construction sociale, imaginez avec quelle facilité ils pourront brouiller les frontières entre un jeune de 18 ans et un jeune de 14 ans, de sorte à mettre en place une loi qui abaissera l’âge de la majorité sexuelle, c’est-à-dire qui légalisera la pédophilie.

Et cette abomination sera promue au nom de l’égalité (chacun a le droit d’exprimer sa sexualité, même envers les enfants), de l’amour (qui est plus fort que tout, y compris les barrières artificielles – comme la barrière de l’âge) et de la liberté (liberté sexuelle).

La normalisation de la pédophilie est déjà en cours, via les tactiques précisément décrites ci-dessus (victimisation d’une minorité). Et ce n’est pas un obscur site pro-pédophile qui dissémine ce genre de propagande, mais la très respectable BBC – incidemment, un repère institutionnel de pédophiles :

La British Broadcasting Corporation (BBC) joue avec le feu, en permettant à un auteur anonyme de publier des articles sur sa plateforme, articles qui visent à minimiser l’absolue dépravation que constitue la pédophilie […] la BBC donne ainsi l’impression de cautionner les propos de cet auteur, qui déclare que la pédophilie n’est pas nécessairement un trouble auquel il faut répondre par le mépris, mais plutôt une orientation sexuelle au même titre que l’homosexualité, et que les pédophiles ont simplement besoin « de se faire aider ».

Ce genre d’opinions entretenues et promues par les médias institutionnels sont entrenues et promues depuis des décennies par les « penseurs » schizoïdes et psychopathes.

Le couple Sartre-Beauvoir, de même que Derrida, Foucault et Deleuze ont créé ce qu’ils appellent la Théorie française, qui constitue le fondement de la postmodernité. Eh oui, la France a offert au monde non seulement les fromages qui puent, mais également une théorie encore plus puante.

Je proposerais la chronologie suivante :

Existentialisme/postmodernité >>> il n’y a pas de vérité, pas de différence, pas de moralité >>> nous sommes libres de choisir n’importe quelle orientation sexelle et n’importe quelle identité sexuelle >>> normalisation de la pédophilie.

Bien sûr, c’est là pure spéculation. Il est clair que si les fondateurs de la « philosophie » existentialiste/postmoderne avaient ouvertement fait l’apologie de la pédophilie, mon argument serait plus convaincant, mais des individus aussi intelligents et estimés ne feraient jamais une chose pareille, non ?

FAUX. Chacun des cinq éminents « penseurs » occidentaux susmentionnés ont officiellement défendu la pédophilie à leur époque. En 1977, ils signèrent une lettre ouverte dans laquelle il protestaient contre la condamnation de 3 hommes pour attentats à la pudeur sur mineurs de 15 ans.

Mais peut-être leur promotion de la pédophilie était-elle une simple aberration, ou qu’elle fut simplement prise hors contexte ? Pas du tout. En 1979, ils signèrent également une pétition réclamant l’abaissement de l’âge de la majorité sexuelle à 13 ans.

Lettre ouverte de 1977 – copie de l’originale (les emphases ont été rajoutées)

Sartre et Beauvoir joignaient également le geste à la parole.

… ce duo de prétendues nobles âmes [se comportait] comme un couple de dragueurs en série déterminés à satisfaire leurs propres désirs, se servant de leur philosophie en apparence spirituelle comme d’un tremplin pour justifier leurs multiples liaisons, souvent avec des adolescents mineurs qui ressortaient brisés de cette expérience.

Carole Seymour-Jones, A Dangerous Liaison

Le récit autobiograhique de Bianca Lamblin, Mémoires d’une jeune fille dérangée, laisse également entrevoir toute la perversité et la décadence morale et sexuelle du couple Sartre-Beauvoir :

À 16 ans, Bianca devient l’amante de Beau­voir puis celle de Sartre. Un trio amou­reux qui rejouera Les liai­sons dange­reuses à Saint-Germain-des-Prés.

Il y a du Choder­los de Laclos dans cette histoire. Quand, cinquante ans après les faits, Bianca Lamblin relate dans ses Mémoires d’une jeune fille déran­gée (Balland, 1993) son épisode amou­reux flam­boyant avec Simone de Beau­voir et Jean-Paul Sartre, c’est dans le vitriol qu’elle trempe sa plume. Elle vient de décou­vrir dans les Lettres à Sartre et le Jour­nal de Guerre de Simone de Beau­voir, publiés quatre ans après la mort de cette dernière, le jeu ambigu qu’a mené le Castor avec la toute jeune fille qu’elle était alors. Et soudain c’est l’ef­fon­dre­ment. Jamais elle n’au­rait cru déce­ler une madame de Merteuil mani­pu­la­trice dans cette femme qu’elle a aimée au-delà de tout pendant un demi-siècle. Et pour­tant…

« Jean-Paul Sartre, Simone de Beau­voir : Bianca, leur jouet sexuel »

Sartre est avant tout connu pour cette citation : « L’enfer, c’est les autres ». Je doute que « l’enfer [soit] les autres », mais je suis quasiment certain que Sartre et Beauvoir, c’était l’enfer pour les autres, en particulier pour les adolescents.

À ce stade, nous comprenons mieux comment, sous couvert de politiquement correct (égalité, justice, liberté), les psychopathes au pouvoir hystérisent les masses en général, et les autoritaristes en particulier, afin de faire avancer leur plan sinistre, lequel inclue la normalisation de la pédophilie.

Pour mieux hystériser leurs cibles, les psychopathes ont recours à diverses tactiques : tromperie, mensonges et pharisaïsme, comme décrit plus haut. Leur tendance à prendre leurs désirs pour des réalités et à s’autoglorifier étant sans limite, ils ont également commencé à jouer à un jeu très dangereux qui semble avoir accidentellement ouvert la boîte de Pandore.

Jordan Peterson, psychologue clinicien et professeur de psychologie canadien

L’archétype féminin

Les archétypes sont de puissants principes universels qui peuvent se manifester dans la culture et le comportement humains.

Dans son analyse du mouvement pour la justice sociale, Jordan Peterson, professeur de psychologie à l’université de Toronto, suggère que l’un des mécanismes sous-tendant cette dynamique entière est l’archétype de l’héroïne.

Le héros est celui qui s’attaque à la souffrance systématique. Le héros, c’est celui qui part terrasser le dragon qui martyrise toute la communauté.

C’est très bien, les héros. Ils inspirent, transcendent, montrent l’exemple, nous enseignent le courage et le sacrifice, et nous libèrent des dragons tyranniques.

Toutefois, les choses commencent à dégénérer lorsque le héros se focalise sur le mauvais dragon. Et c’est exactement ce qui est en train de se passer. Aujourd’hui, nous voyons des hordes des SJW, des femmes en majorité, partir en croisade contre l’injustice et la souffrance. Cela n’est pas une mauvaise chose en soi, mais l’élite a astucieusement redirigé leur colère légitime contre des boucs émissaires bien pratiques : les hommes blancs, l’Église, les hétérosexuels, les traditionnalistes et les patriotes. Alors que la bonne cible est en réalité : les élites, les médias mainstream et les banksters corrompus.

L’héroïne est un archétype très puissant. Il est profondémenent ancré dans le monde du vivant, et c’est l’une des raisons qui font que l’Humanité a survécu. C’est un principe fondamentalement altruiste qui fait que, face à une menace mortelle, la mère est prête à sacrifier sa propre vie afin de sauver sa progéniture – c’est-à-dire que la perpétuation de l’espèce est plus importante pour le système entier que la préservation d’un seul individu.

Jeanne d’Arc, archétype de l’héroïne

Comme les animaux, les êtres humains ont cet instinct profondément ancré en eux. Confrontée à un péril qui menace une personne qu’elle aime plus que sa propre vie, une femme peut entrer dans un état très particulier. La manifestation de cet état – ou de ce « mode » – est ce que la science appelle la force hystérique (ou surhumaine). Vous avez probablement déjà entendu ce genre d’histoires : une femme, voyant son bébé coincé sous une voiture, parvient à soulever cette dernière pour le sauver. Il y a de nombreux récits de ce genre. Dans une telle situation, la mère ne pense qu’à une seule chose, sauver son bébé – et certainement pas à entrer dans le Guinness des records en accomplissant une prouesse surhumaine. Par conséquent, ce genre de récits ne sont malheureusement étayés que par des sources non confirmées.

Certains scientifiques ont tenté de décrire la « force hystérique » comme une montée d’adrénaline, mais je ne pense pas que même avec une injecton massive d’adrénaline, une femme puisse soulever une voiture. C’est tout bonnement mécaniquement impossible – ses muscles (tout comme ceux d’un homme) sont incapables d’exercer physiquement une force aussi colossale.

Donc si cela est mécaniquement impossible, alors une force d’une autre nature doit être à l’œuvre. Peut-être s’agit-il de ce que les praticiens des arts martiaux appellent le « chi », une énergie omniprésente qu’un individu peut canaliser lorsqu’il est dans le bon état d’esprit, lorsque l’intention (« sauver mon bébé ») et les émotions (« volonté de sauver mon bébé ») deviennent plus forts que tout, y compris le système de croyances, c’est-à-dire la réprésentation de la réalité (« je suis incapable de soulever une voiture »).

Remarquez que cet état transcende la rationalité ; nous sommes au-delà des faits et de la réalité ; c’est un élan puissant, une poussée d’intention et d’émotions particulières. C’est avec ce genre de force extraordinaire et dangereuse que jouent les ingénieurs sociaux d’aujourd’hui. Elle peut être utilisée pour faire le bien – sauver un bébé d’un danger réel – ou, si elle est pervertie, pour détruire des menaces fantasmatiques. Les psychopathes au pouvoir ont hystérisé de nombreuses femmes et de nombreux hommes (l’archétype féminin s’applique également aux hommes, mais probablement de façon plus atténuée) ; ils ont créé des « dragons » artificiels qui menacent leurs « bébés » et, en ce moment-même, ils déchaînent ces forces incontrôlables sous nos yeux incrédules.

La Marche blanche rassembla 650 000 personnes à Bruxelles.

Une mère ne rentre dans cet état de « force hystérique » que lorsqu’elle perçoit un danger mortel menaçant son bébé. Une menace mineure ne suffit pas. Voilà pourquoi le discours des minorités agissantes est tellement exagéré et focalisé sur la sécurité et les menaces : les SJW réclament des « safe spaces » [espaces sécurisés], les féministes voient des violeurs partout, les activistes LGBT voient des homophobes partout. Résultat, ceux qui n’appartiennent pas à un groupe minoritaire (et ils sont encore nombreux) sont dépeints comme une menace existentielle qui doit être éradiquée, avant qu’elle n’éradique les minorités.

L’archétype féminin a sa contrepartie masculine. Le côté positif de l’archétype masculin est la pourvoyance, la force et la rationalité. C’est grâce à cet archétype que les maisons sont construites, les champs moissonnés, les territoires et les communautés protégés. Mais tout comme l’archétype féminin, l’archétype masculin est aisément corruptible.

Les nombreuses guerres du XXe siècle sont une illustration de cette corruption, où des hommes hystérisés confondent la « pourvoyance » avec le « pillage », la « force » avec la « barbarie », et la « rationalité » avec l’« insensibilité ». Les résultats sont dévastateurs. L’archétype féminin est probablement encore plus puissant mais, à ma connaissance, il n’a encore jamais été subverti à l’échelle mondiale.

Nos chères élites devraient vraiment méditer sur l’affaire Dutroux : le dévoilement partiel d’un vaste réseau pédophile en Belgique, qui conduisit le pays entier au bord d’une véritable révolution, laquelle fut finalement domptée grâce à un cover-up médiatique flagrant qui promut la thèse du prédateur isolé.

Tout ça pour dire que s’il y a bien une chose susceptible de déchaîner cet instinct maternel farouchement protecteur, c’est bien la menace de la normalisation de la pédophilie et tout ce qu’elle entraîne. Donc pendant que l’élite psychopathique s’occupe d’hystériser les SJW et d’« activer » l’archétype féminin contre la majorité silencieuse, elle devrait prendre garde que personne ne décèle les souliers rouges du pédophile caché derrière le rideau, sans quoi les machinations diaboliques de ces psychopathes pourraient se retourner contre eux de façon magistrale.

Les souliers derrière le rideau (image tirée du film Le magicien d’Oz)

Conclusion

Dans cet article, nous avons vu de quelle façon les minorités opprimées finissent par devenir les minorités opprimantes, pourquoi cette vision clivante du monde séduit certains millenials, en particulier ceux qui pourraient avoir un profil de suiveur autoritariste (probablement en lien avec l’hypothèse de l’exosquelette moral/la jeune âme). Nous avons également vu de quelle façon cette génération se fait manipuler de sorte à exécuter les plans destructeurs d’une élite psychopathique qui joue avec l’une des forces les plus dangereuses au monde : l’archétype féminin.

Bien que cette perspective paraisse tout à fait dramatique, lorsqu’on réfléchit aux origines de cette ineptie SJW, tout se résume à un problème pour le moins simple : les différences, et la façon dont nous y réagissons.

Une façon de composer avec les différences est de les percevoir comme complémentaires, et d’intégrer le meilleur de chaque antinomie : thèse (premier terme de l’antinomie), antithèse (second terme de l’antinomie) et synthèse (qui transcende l’apparente opposition et nous rapproche de la vérité). C’est le principe de la dialectique popularisé par Socrate et Platon. Les désaccords sont résolus grâce à la discussion rationnelle et, au final, la recherche de la vérité.

Le même principe s’applique au niveau collectif. Tous les plus grands accomplissements de l’humanité – cathédrales, médecine, exploration spatiale – sont le résultat d’une coopération fructueuse entre individus possédant des talents complémentaires.

L’autre manière de réagir à la différence est par l’opposition et la division, ce qui aboutit inévitablement à un monde dominé par la défiance, la haine, les conflits et les guerres. Un monde régi non par l’égalité des droits, mais par l’uniformité : une armée de clones en incubation dans leurs bulles narcissiques.

Alors, y a-t-il une solution ? Comme toujours, la connaissance protège. Beaucoup de gens ignorent encore ce raz de marée destructeur qui a déjà commencé à éroder les fondations de notre société, alors nous ferions mieux de nous mettre à la page et d’appréhender pleinement, viscéralement, l’horreur de la situation avant qu’il ne soit trop tard.

Mais même si nous prenons suffisamment conscience de la situation actuelle, une question demeure : aurons-nous suffisamment de connaissance et d’amour en nous pour nous défendre sans tomber dans l’agressivité dont font preuve les minorités dominantes, et pour mettre fin à cet éternel cycle de vendetta ?

Roméo et Juliette, de Sir Frank Dicksee (XIXe siècle).

Par leur amour, Roméo et Juliette mirent fin à la rivalité opposant les Capulet et les Montaigu.


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