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mai 28, 2017

Juste après la visite de McCain à Erdogan, la Turquie coupe l’eau à la Syrie


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Quelques jours à peine après l’« insolite » passage de John McCain en Syrie et en Turquie, le gouvernement turc a coupé la fourniture d’eau du fleuve Euphrate au nord de la Syrie, violant les conventions internationales sur le droit d’accès à l’eau.

Bien qu’un certain degré de stabilité ait été restauré dans cette partie de la Syrie septentrionale, suite de la libération d’Alep et d’autres zones arrachées à Al Qaïda par l’armée syrienne, les forces extérieures paraissent déterminées à maintenir la région dans l’instabilité, quelles que puissent en être les conséquences. Dans ce dernier exemple d’agression contre la Syrie, la Turquie, qui a longtemps joué le rôle d’antagoniste dans le conflit qui dure depuis près de six ans, vient d’interrompre le cours de l’Euphrate en Syrie, privant le pays d’une de ses principales ressources en eau.

Selon la Hawar News Agency  kurde, la Turquie a interrompu l’approvisionnement hydrique de la Syrie vers le 23 février, ce qui a eu pour conséquence de contraindre à la fermeture une usine hydroélectrique du barrage de Tichrine, mais aussi de faire baisser de manière significative le niveau de la réserve d’eau qui lui était associée. Le barrage fournit à la fois l’eau et l’électricité à des parties-clés de la Syrie septentrionale, comme par exemple à la ville de Manbij et à d’autres parties du canton de Kobané, à majorité kurde.

Des combattants kurdes prennent position au sommet du mont Annan qui domine le barrage de Tichrin, après l’avoir enlevé aux militants d’ISIS au sud de Kobané, en Syrie, le 27 décembre 2016. Photo Rodi Said

Le barrage de Tichrin, est un des grands ouvrages qui longent l’Euphrate.

Dans la vallée même de Tichrine se trouvent le barrage de Tabqa et son bassin, le lac Assad, qui fournit à Alep la plus grande partie de son électricité et de son eau potable, ainsi que l’eau nécessaire pour irriguer plus de 640.000 hectares de terres agricoles. Un fonctionnaire de la ville de Manbij a dit à la Hawar News Agency, que la ville allait fournir aux civils des générateurs à essence pour affronter le black out causé par le blocage des eaux du fleuve. Le même fonctionnaire a ajouté que la Turquie « en interrompant le cours de l’Euphrate, a violé les conventions internationales sur l’énergie hydroélectrique, celles-ci dépendant de l’accès aux eaux du fleuve ».

Ce n’est pas la première fois que la Turquie prive les Syriens d’eau pour favoriser ses objectifs politiques dans la région. La Turquie avait déjà interrompu le cours du fleuve en mai 2014, faisant baisser le niveau du lac Assad de plus de 20 pieds et créant les conditions d’un génocide par déshydratation. En récidivant, la Turquie menace aussi les civils irakiens. Les principaux centres urbains tels que Mossul, dont  l’alimentation en eau potable dépend en grande partie des envahis alimentés par l’Euphrate, pourraient subir de graves conséquences si l’interruption du cours du fleuve persiste.

L’acte d’interruption du fleuve n’est pas sans précédent, mais son timing est particulier. Quelques jours seulement auparavant, le sénateur John McCain s’est rendu en secret [illégalement, ndt] dans le canton de Kobané, c’est-à-dire dans la région qui se trouve aujourd’hui privée d’eau, avant de se diriger vers la Turquie, où il a rencontré le président Recep Tayyip Erdogan. Selon le bureau du sénateur « la visite du sénateur McCain a été une occasion précieuse d’évaluer sur le terrain l’état des choses en Syrie et en Irak », ajoutant que McCain espère travailler bientôt avec l’administration Trump et les chefs militaires « pour optimiser notre approche » dans la lutte contre l’État Islamique.

Bien que les États-Unis aient soutenu les Kurdes dans leur lutte pour se maintenir dans les territoires qui longent la frontière turco-syrienne non soumises aux terroristes, ils l’ont fait au prix de notables complications dans les relations entre les USA et la Turquie. Par exemple, dans les premiers mois de 2016, Erdogan a demandé de manière théatrale aux États-Unis de choisir entre s’allier à la Turquie ou aux Kurdes syriens. L’affrontement diplomatique a, depuis lors, atteint des sommets de tension, la Turquie, il y a moins de deux semaines, menaçant d’envahir la ville de Manbij tenue par les Kurdes. Manbij est la ville qui souffre le plus du blocage de l’Euphrate par la Turquie, ce qui fait supposer que cette action est destinée à déstabiliser les Kurdes avant d’en arriver à des mesures plus drastiques.

Il vaut aussi la peine de se rappeler qu’en dépit des affirmations d’Erdogan et de McCain prétendant vouloir « défaire » l’État Islamique et les autres factions terroristes, ils ont l’un et l’autre conservé des liens étroits avec ces mêmes groupes. Ceci, évidemment, fait penser que la visite de McCain, de même que les initiatives précédentes de la Turquie, ne sont pas exemptes d’arrière-pensées, qui restent encore à être exprimées publiquement.

Par exemple, McCain a déployé tant de zèle dans ses efforts pour écarter Assad du pouvoir, qu’il n’a jamais ménagé ses rapports avec les « rebelles modérés »  et les forces d’opposition les plus avérées telles que l’État Islamique. Cela est confirmé par une photo de honteuse mémoire, qui montre McCain posant avec Khalid al-Hamad, un « rebelle modéré » [celui qui s’est fait filmer mangeant le cœur d’un Chi’ite, ndt]. McCain a d’ailleurs admis sa rencontre avec ISIS devant la télévision nationale, allant jusqu’à reconnaître qu’il était encore en contact avec l’infâme groupe terroriste.

Le sénateur McCain en Syrie, en compagnie de membre du groupe terroriste Tempête du Nord soutenu par les USA.

Erdogan, de son côté, s’est révélé être un acteur important dans la contrebande pétrolière de l’État islamique pour la vente sur le marché mondial du pétrole volé à la Syrie. Ce sont ces ventes de pétrole qui ont permis à l’État Islamique de croître jusqu’à devenir aujourd’hui un des groupes terroristes les mieux financés de la planète.

Avec des liaisons de ce genre, aujourd’hui parfaitement documentées, il paraît hautement improbable que McCain et Erdogan aient discuté de la manière de défaire l’État Islamique. Au vu des preuves, il semble beaucoup plus vraisemblable qu’ils aient toujours, l’un et l’autre, la ferme volonté de déstabiliser la région dans la poursuite de leur but commun, qui est le renversement d’Assad. En plus de la Turquie déjà au travail pour déstabiliser la Syrie septentrionale en la coupant de ses ressources en eau, nous verrons bientôt quelles autres mesures ont pu être discutées au cours de cette rencontre « secrète ».

Whitney WEBB | 8 mars 2017

Article original : http://www.mintpressnews.com/syrias-water-cut-off-by-turkey-following-mccain-erdogan-meeting/225483/

Traduction de l’anglais: Raffaele Ucci, pour SakerItalia

Traduction de l’italien par c.l./ Grosses Orchades

Source:http://arretsurinfo.ch/juste-apres-la-visite-de-mccain-a-erdogan-la-turquie-coupe-leau-a-la-syrie/

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